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07.04.2008

Les européens n'ont pas eu besoin des lumières des musulmans

Un ouvrage qui va à l'encontre des préjugés que nous enseignent les menteurs habituels, enseignants, journalistes et "penseurs". Au nom d'une haine de soi et d'une survalorisation des cultures venues d'ailleurs, ils nous ont enseigné depuis des décennies cette vérité érigée en dogme : les européens doivent aux scientifiques et philosophes musulmans du Moyen Âge de les avoir sortis des âges sombres de l'ignorance en leur apportant les lumières de l'Antiquité grecque. Ce mensonge est répété ad nauseam par tout ce que ce pays compte de personnes influentes. Il faut que les enfants, les citoyens finissent par intégrer sans esprit critique ce poncif. 

Malgré la chappe de plomb qui s'est abattue sur le monde universitaire et médiatique, certaines personnes font preuve de courage et d'honnêteté intellectuelle en refusant de réécrire l'histoire au bénéfice des nouveaux colonisateurs.
C'est le cas de Sylvain Gouguenheim , Professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon, dans son ouvrage "Aristote au Mont-Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne".


Même le quotidien, volontiers grégaire,  Le Monde s'est fait écho de cet ouvrage.

"Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'a traduit en arabe, l'a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. "
"On considère généralement que l'Occident a découvert le savoir grec au Moyen Âge, grâce aux traductions arabes. Sylvain Gouguenheim bat en brèche une telle idée en montrant que l'Europe a toujours maintenu ses contacts avec le monde grec. Le Mont-Saint-Michel, notamment, constitue le centre d'un actif travail de traduction des textes d'Aristote en particulier, dès le XIIe siècle. On découvre dans le même temps que, de l'autre côté de la Méditerranée, l'hellénisation du monde islamique, plus limitée que ce que l'on croit, fut surtout le fait des Arabes chrétiens. Même le domaine de la philosophie islamique (Avicenne, Averroès) resta en partie étranger à l'esprit grec. Ainsi, il apparaît que l'hellénisation de l'Europe chrétienne fut avant tout le fruit de la volonté des Européens eux-mêmes. Si le terme de "racines" a un sens pour les civilisations, les racines du monde européen sont donc grecques, celles du monde islamique ne le sont pas."

"Aristote au Mont-Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne" (lien vers Amazon pour se procurer l'ouvrage) de Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €. 

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