Le 8 mai, comme chaque année, la France a célébré l’Armistice de 1945.
La fin des heures sombres où notre pays était envahi.
Souvenons-nous.
Des milliers d’étrangers occupaient le pays, entrés par ruse et par force. En majorité des hommes, dans la force de l’âge.
Tout, en eux, était différent : coutumes, moeurs, couleurs, langue, vêtements, nourriture, chants.
Souvent armés, animés d’une haine féroce et du désir de tirer vengeance des Français qui les avaient occupés naguère, ils méprisaient nos lois, toisaient les hommes, reluquaient les femmes, maltraitaient les vieillards.
Ils ne travaillaient évidemment pas pour le pays occupé. Ils vivaient sur l’habitant, nourris, logés, entretenus à ne rien faire qu’être là, volant et pillant parfois.
En groupe, ils arpentaient de leur démarche étrange les rues des villes et des villages, arrogants et dominateurs. Dans les magasins, dans les gares, dans les trains, dans le métro parisien, partout, ils étaient là.
Ils imposaient le couvre-feu. Impossible de sortir la nuit sans risque. La police n’osait pas intervenir.
Dans l’édition, dans la presse, à la radio, leurs créatures faisaient la loi. Interdisant les livres, caviardant les journaux, étouffant les propos hostiles aux occupants. Leur police de la pensée censurait tout. Leurs juges condamnaient les contrevenants.
Si l’un des leurs tuait un Français, le silence s’imposait. Si l’un des leurs était tué, c’était un déchaînement de protestations, d’injures, de représailles.
Un Français se dressait-il, moins lâche ou plus fou que les autres, excédé par leur nombre excessif, par leur différence, leur langue gutturale, leur allure méprisante, leurs costumes hideux, leur comportement insolent, leurs emblèmes, leurs musiques et leurs couleurs ? Ce résistant devenait un gibier à abattre.
La presse collabo le couvrait d’opprobre, la police collabo le traquait, la justice collabo le condamnait, les autorités politiques, spirituelles et morales, l’Intelligentsia collabo, toute la Collaboration l’accablait.
L’Etablissement était sous contrôle. Intellectuels, artistes, chanteurs, cinéastes, créateurs, universitaires, journalistes, tous étaient ralliés.
Les évêques se prosternaient. Les préfets obéissaient. Les policiers se tenaient à l’écart de leurs quartiers. C’était l’enfer.
Heureusement, nous avons changé tout ça.
Aujourd’hui, la France est un pays libre.
Débarrassé de ses occupants.
Serge de Beketch
Texte publié dans Le Libre Journal n°96 daté du 10 mai 1996.
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